Dégressivité des aides personnelles au logement : Une fausse bonne solution

vendredi 16 septembre 2016
par  jp.bonnet
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Dégressivité des aides personnelles au logement : Une fausse bonne solution

Pour le CNAFAL, ce n’est pas ainsi que l’on doit aborder ce réel problème, qui revient une fois de plus à pénaliser des locataires qui, dans les zones où il y a pénurie de logements, sont totalement « captifs » des color= prix pratiqués par les
propriétaires !

Oui, il y a eu des abus, ces quinze dernières années ! Mais pour le CNAFAL, la régulation de ce marché doit se faire par une politique orientée vers l’aide à la pierre, de mise sur le marché de logements sociaux et d’immeubles pour les
classes moyennes dans les zones tendues, prioritairement !

C’est la seule voie raisonnable, légitime, équitable pour tous !

Il faut dire aussi, que le logement est devenu un placement sûr et rentable et donc objet de spéculation, qui contribue à faire monter les prix, que ce soit à l’accession ou à la location. L’Etat, sous les différents gouvernements a encouragé lui-même cela : de l’emprunt De Robien à l’emprunt Pinel, avec de fortes défiscalisations, qui n’ont rien résolu du tout.

Au lieu de concentrer les aides à la pierre massivement sur les régions qui gèrent des flux tendus, on a continué à saupoudrer dans toutes les régions, par clientélisme, ces fameuses aides !

Il faut dire aussi que depuis le Gouvernement Jospin, le budget du Ministère du Logement a été la grande variable d’ajustement du déficit budgétaire !

Qui paie cette politique ? : les ménages les plus modestes, que la cherté du logement contribue à paupériser, voire même à surendetter… les jeunes étudiants ou salariés, les jeunes ménages, les classes moyennes inférieures dans les
zones les plus tendues ! Et, cerise sur le gâteau, on va baisser les APL en fonction du patrimoine non imposable (Livret A, LEP, etc.). La paupérisation des classes populaires va s’accroître délibérément et « l’épargne de précaution » des
français va être indirectement taxée, alors que déjà, elle ne rapporte presque plus rien. Scandaleux !

Le CNAFAL dénonce une politique de gribouille, au sens littéral du terme, où le remède est pire que le mal !

Le CNAFAL veut une véritable politique d’encadrement des loyers moins timide, mais restrictive territorialement.

Le CNAFAL considère que la dégressivité imposée, ne peut être qu’une mesure temporaire, à manier avec précaution et en aucun cas une mesure pérenne.

En revanche, le CNAFAL se félicite que les aides personnelles au logement soient maintenues, en cas de loyers impayés pour les locataires jugés de bonne foi. C’est une mesure salutaire qui évite aux personnes précaires de « s’enfoncer » un peu plus ! C’est un élément que le CNAFAL réclamait depuis quinze ans.

Jean-Marie Bonnemayre Président du CNAFAL

Monique Dupuy Responsable secteur Logement.

Jean-François Chalot Secrétaire Général