Faut-il s’alarmer de l’inflexion actuelle de la natalité ?

mercredi 11 novembre 2015
par  jp.bonnet
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Faut-il s’alarmer de l’inflexion actuelle de la natalité ?

Baisse des naissances de 2,75%, mais l’année n’est pas finie ! Et la France reste toujours championne d’Europe !
Le CNAFAL, en matière démographique, s’est toujours gardé de surréagir par des discours catastrophiques, en phase d’ailleurs avec la plupart des démographes, qui, sur le sujet estiment qu’il faut plusieurs années de recul !
C’est pourquoi, dans les facteurs qui agissent sur la prudence des couples en matière de procréation, le CNAFAL met en avant :

. La situation de l’emploi qui se dégrade d’année en année : chômage massif des jeunes, y compris chez les diplômés, expatriation, entrée de plus en plus tardive sur le marché du travail.
. La précarisation et la pauvreté croissante, y compris chez les femmes.
. Les horaires éclatés, décalés, fractionnés : développement du travail de nuit, développement du travail le dimanche (20% travaillent ce jour-là).
. L’explosion des contrats précaires : 65% des contrats aujourd’hui sont des CDD de courte durée !
. La mobilité de l’emploi : on va de plus en plus « chercher le travail de plus en plus loin » (moyenne générale journalière : 60 minutes par jour), d’où fatigue, absence de disponibilité.
. L’âge de la première maternité recule de plus en plus : 30,5 ans !

Tout cela dénote des conditions de vie qui se sont dégradées, qui ne favorisent pas la stabilité des couples et la projection sur l’avenir… ! Bref la confiance en l’avenir !

Le CNAFAL l’a déjà dit, on ne fait pas des enfants pour de l’argent, même si l’on peut regretter que la politique familiale ne compense qu’entre un quart et un tiers du coût de l’enfant ! Ce qui situe toujours la France au meilleur niveau européen et il était normal d’introduire plus de justice sociale, au coeur même de la politique familiale. Le CNAFAL ne renie pas ce qu’il a déjà dit !

A la vérité et pour éviter les manipulations, disons clairement que le nombre de naissances dépend d’abord du nombre de femmes en âge de procréer. Or, l’inflexion est due à une baisse du nombre de femmes en âge de procréer depuis quelques années ! Ce qui veut dire que le résultat actuel est un bon résultat et la chute de la natalité ne veut pas dire chute de la fécondité !

Enfin, le CNAFAL souligne que les jeunes générations sont de plus en plus attachées à la conciliation vie familiale/vie professionnelle et par récurrence, le partage des tâches ménagères, domestiques et de maternage est une exigence ! C’est la raison pour laquelle le CNAFAL approuve aussi le partage du congé parental.

Jean-Marie Bonnemayre, Président du CNAFAL,
Jean-François Chalot, Secrétaire général,